[RDC-ESU] Les 24 innovations de l’instruction académique 020 dévoilées

[RDC-ESU] Les 24 innovations de l’instruction académique 020 dévoilées

Il y a 2 mois Non Par La Rédaction
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(Kinshasa, le 6 octobre 2018)-Le ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, Steve Mbikayi a présenté officiellement ce samedi 6 octobre 2018 à l’Académie des Beaux Arts, l’instruction académique 020. Devant les Chefs d’Etablissements, les partenaires de l’ESU, l’administration centrale ainsi que tous les corps de son secteur, le Patron de l’Enseignement Supérieur congolais a dévoilé les innovations de l’instruction académique 020 portant directives pour l’année académique 2018-2019.


Dans son mot, Steve Mbikayi a souligné que l’instruction académique 020 constitue l’un des piliers sur lequel, « nous aurons à nous appuyer pour le bon fonctionnement des activités de notre secteur au cours de l’année académique qui sera ouverte le 15 octobre 2018 …’’


Ci dessous, l’intégralité du discours de Steve Mbikayi

ALLOCUTION DE CIRCONSTANCE DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE MINISTRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE
Cérémonie de présentation officielle de l’Instruction Académique n° 020/MINESU/CAB.MIN/SMM/BLB/2018 du 04 octobre 2018
Kinshasa, Académie des Beaux-Arts

06 octobre 2018
Monsieur le Représentant de la Primature ;
Monsieur le Représentant des Partenaires Techniques et Financiers ;
Madame le Secrétaire Général à l’Enseignement Supérieur et Universitaire ;
Monsieur le Président du Conseil d’Administration des Instituts Supérieurs Pédagogiques ;
Monsieur le Président de l’Association des Universités Privées Agréées ;
Madame et Monsieur les Secrétaires Permanents des Conseils d’Administration ;
Monsieur le Secrétaire Exécutif de l’Agence Nationale de l’Assurance Qualité de l’Enseignement Supérieur et Universitaire ;
Monsieur le Doyen des Chefs d’Etablissements de la RDC et Recteur de l’Université de Kisangani ;
Monsieur le Directeur Général de l’Académie des Beaux-Arts ;
Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etablissements ;
Messieurs les Responsables des Services Spécialisés de l’Enseignement Supérieur et Universitaire ;
Mesdames et Messieurs les Membres des Comités de Gestion ;
Mesdames et Messieurs les Directeurs-Chefs de Service de l’Administration Centrale ;
Mesdames et Messieurs les Professeurs ;
Mesdames et Messieurs les Membres du Corps Scientifique ;
Mesdames et Messieurs les Membres du Personnel Administratif, Technique et Ouvrier ;
Camarades étudiantes et étudiants ;
Mesdames et Messieurs, Distingués invités ;
C’est avec une grande joie que je procède en cette matinée du 06 octobre 2018 à la présentation officielle de l’Instruction Académique n° 020/MINESU/CAB.MIN/SMM/BLB/2018 du 04 octobre 2018, portant Directives pour l’Année académique 2018-2019.
Ce sentiment de joie est d’autant plus grand que cet exercice, signe avant-coureur de l’amorce d’une nouvelle année académique, est une occasion de matérialiser le Dialogue Permanent, au travers des échanges entre les différentes Parties Prenantes dans un cadre que je souhaite convivial.
C’est pour cette raison que je tiens, dans un premier temps, à remercier le Directeur Général et la Communauté de l’Académie des Beaux-Arts qui nous reçoivent ce jour dans ce beau cadre de leur Etablissement. A ces remerciements, j’associe volontiers le Bureau de la Conférence provinciale des Chefs d’Etablissements de Kinshasa, qui a coordonné l’organisation matérielle de cette activité.
Dans un deuxième temps, je rappelle que l’année académique 2017-2018 n’a pas été facile ni de tout repos. Ainsi que je l’ai souligné dans mon Allocution de clôture de ladite année académique, nous avons tous agi avec responsabilité pour atteindre nos objectifs. Nous devons encore conjuguer nos efforts, partager nos réflexions et construire des compromis pour le bon fonctionnement de notre Secteur. Tel est l’un des buts majeurs de la livraison de cette nouvelle Instruction Académique.
C’est pour cette raison que j’ai pris l’initiative de m’entretenir avec les différentes composantes de l’ESU, afin d’actualiser les attentes des uns et des autres pour que nous envisagions de manière concertée quelles sont les meilleures options à prendre, pour que nous nous engagions dans l’année académique 2018-2019 sous de meilleurs augures.
Avant d’entrer dans le vif du sujet de ce jour, en ma qualité de Ministre de Tutelle, je tiens à remercier Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, pour les réponses précises qu’il réserve aux desiderata des composantes de notre Secteur. Je suis également reconnaissant envers Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, pour son attention permanente et sa volonté affirmée de faire en sorte que l’Exécutif National apporte des solutions idoines aux cahiers de charge émanant du Secteur de l’Enseignement Supérieur et Universitaire.
Tenant compte des enjeux particuliers dus au contexte politique, j’invite tous les acteurs de notre Secteur à privilégier le Dialogue Permanent pour remédier efficacement à tous les problèmes que nous pourrions rencontrer au cours de la nouvelle année académique.

Mesdames et Messieurs,
Distingués Invités ;
Pour ce qui est du troisième point, l’Instruction Académique n° 020 que je présente ce jour, constitue l’un des piliers sur lequel nous aurons à nous appuyer pour le bon déroulement des activités de notre Secteur au cours de l’année académique qui sera ouverte le 15 octobre 2018, à Kaziba, dans le Territoire de Walungu, dans la Province du Sud-Kivu.
Comme à l’accoutumée, la nouvelle Instruction comporte de l’ancien et du neuf. Les directives qu’elle contient constituent pour les unes un rappel, pour les autres des précisions au regard de l’état des lieux de l’année passée, et pour d’autres encore de nouvelles orientations pour améliorer la gouvernance de nos Etablissements du Supérieur.
Forte de l’esprit du Dialogue, cette Instruction est le fruit d’un travail collaboratif qui a réuni les représentants de différentes composantes de notre Secteur.
C’est pour cette raison que je demande à tous les acteurs de l’Enseignement Supérieur et Universitaire de s’en imprégner et de la mettre en application, afin de consolider le bon fonctionnement de notre Secteur.
Ceci m’amène à en faire l’économie en m’appesantissant sur sa forme et son fond.
Pour ce qui est de la forme, la nouvelle Instruction compte 205 Directives.
Du point de vue du fond, il y a lieu d’en souligner quelques points saillants.

L’Introduction est une fois de plus consacrée à l’Assurance Qualité qui, de mon point de vue, est l’une des clés majeures axées sur l’amélioration du fonctionnement de nos Etablissements. Après de longues années de réflexion, il est temps que nous passions à l’action !
Qu’il s’agisse de l’amélioration des conditions sociales des Enseignants et du Personnel Administratif, des cadres de travail plus adéquats pour la formation des étudiants ou de la dotation des Etablissements en moyens suffisants pour leur fonctionnement, toutes ces questions doivent se résumer en une quête de l’Assurance Qualité. C’est aussi au travers de l’Assurance Qualité que nous pourrons répondre, vigoureusement et avec détermination, aux exigences de la réforme de l’ESU contenues dans la Lettre de Politique éducative de notre Pays qui couvre la période de 2015 à 2025.
Comme je l’ai dit l’an passé dans cette même Salle, et je le répète cette année : « Aucune entrée dans les Classements africains et mondiaux des universités ne peut être possible si nos Etablissements ne s’investissent pas dans l’Assurance Qualité qui est également le socle sur lequel reposera inéluctablement l’arrimage de notre Système éducatif du Supérieur à l’Architecture de formation LMD ».
Aux chapitres académique et de la recherche, entre autres Directives, il convient de relever  les aspects ci-après.
concernant le calendrier académique :
le principe de la semestrialisation doit être respecté.
il est strictement interdit d’organiser des cours, TP et interrogations le dimanche et les jours fériés ;
une attention particulière doit être portée sur la constitution des dossiers des étudiants dès la première année à l’Université, entre autres, pour faciliter le contrôle de scolarité. Je rappelle les éléments dudit dossier, aussi bien pour les inscriptions ordinaires que pour celles spéciales ;
en vue de l’arrimage au LMD, qui pourra être effectif cette année pour les institutions pilotes retenues, j’encourage toutes les Autorités Académiques à vulgariser les normes et principes de ce Système de formation. La mise en place du Réseau des ISTM, pilotés par l’ISTM-Kin et l’ISSI-Monkole, est un modèle à suivre ;
depuis plusieurs années, l’Autorité de Tutelle a interdit les extensions et autres auditoires délocalisés. Vu la persistance de ces pratiques, j’invite les Présidents des Conférences et les Chefs d’Etablissements à me faire un rapport circonstancié de la situation dans leurs entités respectives ;
à partir de cette année académique, la délivrance des diplômes pour toute Université organisant la Faculté de Médecine est conditionnée par un contrôle de conformité effectuée par une commission composée des membres du Cabinet du Ministre de l’ESU, du Secrétariat Général à l’ESU, du Cabinet du Ministre de la Santé, du Secrétariat Général à la Santé et de l’Ordre des Médecins. Les facultés non viables seront automatiquement fermées ;
outre la Commission de contrôle des diplômes des Enseignants que j’ai instituée, j’invite à une plus grande vigilance dans l’examen des dossiers et au respect des exigences dévolues à tout enseignant, en termes de charge horaire, participation aux activités académiques, etc.
j’ai rappelé l’interdiction d’imposer la vente des syllabus et autres notes polycopiées. Afin de réduire les effets délétères de cette pratique qui ne favorise pas un climat de travail adéquat, j’encourage la mise en ligne des cours et le recours aux bibliothèques numériques. La Tutelle étude la possibilité de matérialiser ce projet dans les meilleurs délais ;
outre la Bourse de Solidarité Nationale et de l’Excellence de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, qui sera étendue cette année à la Conférence provinciale du Haut-Katanga, le Gouvernement de la République, suite au Plaidoyer du Ministère de l’ESU, a retenu le Programme de Bourse pour l’Emergence du Congo (BEC, en sigle). C’est une bourse destinée notamment aux détenteurs d’un diplôme universitaire et/ou aux membres du Corps Scientifique de nos Etablissements désireux de poursuivre leurs études de 3ème Cycle et de Doctorat dans des meilleures Universités des Pays les plus avancés (Afrique du Sud, Canada, Corée du Sud, etc.), dans les domaines des Sciences exactes, techniques, technologiques et innovation. Cette bourse couvrira les frais d’études et une allocation pour les différents besoins d’installation. Ce programme vise à importer le savoir-faire technologique en vue de l’émergence de notre Pays ;
de même, j’attire l’attention des Autorités Académiques sur le soin à porter aux évaluations, et particulièrement à la défense des travaux de fin de cycle, mémoires et thèses. Il importe de réduire le caractère folklorique qui entoure ces évaluations leur ôtant parfois le caractère d’examen.
Dans un deuxième temps, en ce qui concerne les domaines administratif, social, culturel et patrimonial, je compte revenir sur quelques dispositions, et notamment :
la structure des conférences provinciales sera reconfigurée pour qu’elle soit mise en adéquation avec la décentralisation administrative ;
j’attire l’attention des membres des Comités de Gestion sur la nécessité de travailler en harmonie et de gérer de manière efficiente les dossiers relevant de votre compétence ;
j’ai interdit aux membres du personnel d’envoyer directement au Cabinet du Ministre ou aux Conseils d’Administration leurs dossiers de demande de promotion. Les Chefs d’Etablissements sont tenus de signaler à la Tutelle tous les cas de promotion n’ayant pas suivi la procédure pour leur annulation ;
en rapport avec l’effort de construction, en vue d’une meilleure gestion, les fonds prévus seront logés dans un compte différent de celui de l’Etablissement et ne seront décaissés qu’avec l’autorisation de l’Autorité de Tutelle ;
j’insiste sur l’intérêt à redynamiser les structures afférentes aux activités culturelles et sportives et d’y allouer un budget conséquent, pour instaurer l’esprit de tolérance, de convivialité dans les Etablissements ;
j’instruis les Autorités Académiques de libérer tous les locaux des Etablissements utilisées comme restaurants, clubs ou débits de boisson et les affecter à des usages académiques ;
pour ce qui est de l’environnement, la salubrité et l’hygiène, j’ai accordé une quotité que les Etablissements devront affecter à cette activité ;
les Chefs d’Etablissements sont également invités à organiser, renforcer ou faciliter l’affiliation des étudiants et autres membres des Etablissements à des mutuelles de santé, afin de les aider à se faire soigner dans des conditions plus humaines.
Au niveau du Secteur financier, enfin, je retiens notamment les Directives ci-dessous :
pour cette année académique, tous les frais académiques et connexes sont payables en Francs congolais au regard des montants repris dans l’Instruction Académique, sans référence à une monnaie étrangère ;
concernant les frais connexes relevant des négociations entre les partenaires, sous réserve des directives éventuelles du Gouvernement, ils devront être arrêtés sur la base d’un budget prévisionnel validé par toutes les Parties Prenantes du Conseil des Partenaires (COPA), et fixé comme tous les autres frais, en Francs congolais
j’instruis les Chefs d’Etablissements de se conformer aux principes de la gestion et d’en rendre compte au Conseil des Partenaires ;
pour éviter des tracasseries aux Etablissements et en vue d’évaluer concrètement la contribution de l’ESU, la quotité FPEN sera versée dans un compte ouvert par le Ministère. C’est le Cabinet qui se chargera de la transférer au FPEN ;
concernant la carte biométrique et la quotité destinée à l’EXPO-ESU, le paiement par l’étudiant s’effectue au moment de l’inscription et de la réinscription. Ceci pour faciliter l’identification des étudiants et l’organisation de l’EXPO-ESU à la fin du premier semestre ;
afin de faciliter le contrôle de scolarité et la délivrance des diplômes dans les délais, les étudiants finalistes doivent être sensibilisés pour payer les frais d’entérinement/homologation au moment de la réinscription, et les Etablissements sont tenus de les verser aux structures bénéficiaires dans les délais ;
enfin, obligation est faite de verser les quotités dues aux différentes entités extérieures à la hauteur des montants et dans les délais arrêtés.

Honorables,
Mesdames et Messieurs,

Pour clore mon propos, je vous invite à lire, faire lire et mettre en application l’Instruction Académique n° 020, dans une perspective axée sur la recherche permanente de l’intérêt de la communauté et pour le bon fonctionnement de nos Institutions.
Mon vœu de l’Autorité de Tutelle, que je suis, est de voir toutes les Parties Prenantes de notre Secteur s’investir en vue du déroulement apaisé de l’année académique 2018-2019. Ce qui n’est possible que si nous nous conformons tous aux prescrits des textes légaux et réglementaires, tout en ayant la présente Instruction comme aide-mémoire annuel.

Que vive l’Enseignement Supérieur et Universitaire !
Que vive la République Démocratique du Congo !

Je vous remercie.

Steve MBIKAYI MABULUKI