[RDC-Désignation du candidat du FCC] Qui mérite réellement les hommages ? Le peuple ? Kabila ? Ou la communauté internationale ? (Analyse)

[RDC-Désignation du candidat du FCC] Qui mérite réellement les hommages ? Le peuple ? Kabila ? Ou la communauté internationale ? (Analyse)

Il y a 2 mois Non Par La Rédaction
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(Kinshasa, le 10 août 2018)-Il n’y aura pas de troisième mandat pour Joseph Kabila. Ce dernier a désigné un dauphin en la personne de Shadary Emmanuel, qui, en cas de victoire à la prochaine élection présidentielle, pourra le succéder à la magistrature suprême. Après donc 17 ans de règne, Joseph Kabila a décidé de respecter la Constitution et les lois de la République qui limitent le mandat à deux. Depuis la désignation de Shadary Ramazani comme dauphin, les réactions fusent de partout. Elles sont, dans plupart des cas, contradictoires. Du Côté de l’opposition, l’on salue le courage du peuple et la pression de la communauté internationale. La majorité au pouvoir et le Centre saluent plutôt le sens élevé du nationalisme du Président Joseph Kabila qui a tenu sa parole en respectant la Constitution et les lois de la République. Du coup, une question taraude les esprits, « Qui mérite réellement les hommages ? Est-ce Joseph Kabila ? Le Peuple ? Ou mieux encore la communauté internationale ?


A lire les réactions des différents acteurs politiques sur les réseaux sociaux, il faut dire que les avis sont partagés. Tantôt c’est la pression qui a payé ; d’autre part, il s’agit de la bonne volonté de Kabila, bref, difficile de trouver le juste milieu.
Qu’en pensent les opposants ?


Sans ambages, pour l’opposition, c’est le peuple qui a remporté une victoire historique. D’autres opposants rendent hommages à la communauté internationale qui, selon eux, n’a laissé aucune chance à Joseph Kabila de se représenter. Christophe Lutundula, cadre de la plateforme Ensemble pour le Changement est formel « Le peuple congolais vient de remporter une victoire historique. Pour la première fois, un peuple d’Afrique centrale est parvenu à empêcher un chef d’Etat soutenu par les forces armées de modifier la Constitution et l’a forcé à quitter le pouvoir ».
Toujours du côté de l’opposition, Sindika Dokolo évoque la stratégie des pressions cumulatives.
« Entendons-nous bien, le 8 août est une grande victoire. Malgré toutes les velléités de Joseph Kabila et des siens, il n’a pas pu se candidater. La stratégie des pressions cumulatives a payé, il faut maintenant l’amplifier pour obtenir de vraies élections libres, justes et inclusives ».
La majorité rend hommage au père de la démocratie (Joseph Kabila)


Du côté de la majorité et du FCC, les acteurs montent au créneau, non seulement pour fustiger la position « injustes » de l’opposition qui ne reconnaisse pas le sens élevé du patriotisme du Président de la République, mais aussi pour rendre hommage à Joseph Kabila qu’ils qualifient de « père de la démocratie et de l’alternance » en République Démocratique du Congo.

Signataire de la Charte du FCC et Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, Steve Mbikayi dénonce ce qu’il qualifie des réactions hypocrites au sujet de la désignation du dauphin.
« Les réactions ont été molles, hypocrites ! Tous auraient pu rendre hommage mérité au Chef de l’Etat pour avoir respecté sa parole ! Beaucoup mettent son retrait sur le dos des pressions internationales ! Faux. Au Burundi, ces pressions n’ont rien produit ! », Souligne-t-il.
Député national, Patrick Muyaya n’est pas allé par le dos de la cuillère pour remercier le Président de la République, Joseph Kabila. « Mieux vaut tard que jamais. Merci puisqu’il n’a pas entendu les appels des extrémistes. Merci parce que des vies humaines vont être épargnées. Ce geste mérite d’être salué. Ne me faites pas croire que vous faites partie de ceux voulaient plus de chaos avec un 3ème mandat », a-t-il posté dans un tweet.
Pour sa part, Kambinga Germain « le Président Kabila a fait le choix d’organiser le premier passage de pouvoir démocratique. La RDC, une fois encore, fait figure d’exception dans une sous-région où ce n’est pas du tout la règle… nous devons nous en féliciter au lieu de remercier les occidentaux non alors non ».


En gros, il sied de noter que face à la désignation du dauphin, tout le monde trouve son compte, il s’agit notamment de la population, de Joseph Kabila, mais aussi de la communauté internationale. Pourquoi le peuple ? La réponse est claire, parce qu’il a vu son rêve le plus ardent (alternance) se réaliser. Le peuple tenait mordicus au respect de la constitution, aujourd’hui c’est chose faite. Le peuple a marché, depuis des années, pour dire « non » au troisième mandat de Joseph Kabila, aujourd’hui, il peut trouver satisfaction parce que son vœu est exaucé.
L’honneur revient également au Président de la République. D’abord parce qu’il sera le premier président à céder pacifiquement le pouvoir par voie démocratique. Il serait injuste de ne pas saluer l’esprit de grandeur de Joseph Kabila qui a respecté la constitution en refusant, malgré la pression de sa famille politique, de se représenter comme candidat à la magistrature suprême.


Selon Dépêche.cd, il n’est pas question d’une quelconque pression internationale quand on sait que Joseph Kabila est de ceux qui refusent les ingérences dans les affaires internes de la RDC. Si Kabila avait cédé aux pressions, il n’y aurait plus des prisonniers politiques à ce jour en RDC, Katumbi serait candidat à l’élection présidentielle, … Joseph Kabila a donc fait preuve de responsabilité et de sagesse, reconnaissance oblige.


Dans son rôle d’accompagnateur, la communauté internationale peut se dire aussi heureuse par cette tournure historique de l’histoire de la République Démocratique du Congo.
DEPEHE.CD