Kisantu : A 10 ans, la misère de ses parents oblige Blandine à vendre plutôt que d’étudier

Kisantu : A 10 ans, la misère de ses parents oblige Blandine à vendre plutôt que d’étudier

avril 22, 2017 Non Par La Rédaction
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(Kinshasa, le 22 avril 2017) – Le Marché de Kikonga à Kisantu a une commerçante assez particulière. Elle s’appelle Blandine. À 10 ans, triste réalité, elle nourrie la famille en vendant les chikwangues – une nourriture prisée au Kongo Central – que sa mère prépare.

Les difficultés financières auxquelles ses parents sont confrontés font de cette jeune fille une actrice majeure de mobilisation des ressources pour la survie de sa famille.

L’école ? Blandine a abandonnée ce chemin par manque de frais scolaires. Chaque jour, alors que les enfants de son âge fréquentent les écoles parfois huppées, elle, c’est au marché qu’elle passe l’éclair de son temps. Et pourtant, elle devait déjà être en 4ème année Primaire.

Qu’en est-il de la gratuité de l’école primaire tant ventée depuis des années par des autorités ?

S’il est triste de voir des milliers d’enfants à travers le pays dans cette condition, il y a de quoi s’interroger sur l’avenir radieux de la jeunesse congolaise vivant dans la misère la plus sombre.

La vérité est que l’accès à l’éducation de base fait l’objet d’une disparité criante au sein de la société congolaise. Seuls les Riches « politiques » et « opérateurs économiques », et quelques membres d’une classe moyenne « instable », peuvent offrir à leurs enfants un accès à l’enseignement décent et/ou relativement décent.

Cependant, cette catégorie reste minoritaire par rapport à la grande majorité d’enfants dont les parents vivent dans l’abandon. Cet abandon n’est pas seulement en termes d’accès à l’école mais aussi à la qualité de l’éducation.

Face à la crise économique, la perte du pouvoir d’achat et le chômage qui frappent de plein fouet certains parents, bien d’enfants préfèrent appliquer le très célèbre « Article 15 ».

Celui-ci les conditionne à pratiquer la débrouillardise. D’autres vont jusqu’à faire le plus vieux du monde : la prostitution. Non pour vivre ou mieux vivre mais pour survivre. Hélas !

DEPECHE.CD